L’ampoule

Pho­to by Tao­feek Oba­fe­mi-Baba­tunde on Uns­plash

L’ampoule a pété avec un son sec. Paf !
Lisa se retour­na vers moi et dit : « Ça com­mence a bien faire ! Ces ampoules cassent tous le temps ! Tu diras à tes parents que je ne suis pas élec­tri­cienne. »
Elle prit l’escabeau, le posa au milieu du salon. Et me deman­da, d’un ton sec, de le tenir.
Elle sou­le­va sa robe plis­sé et gra­vit toutes les marches. J’aperçus la cour­bure de ces mol­lets pen­dant qu’elle chan­geait l’ampoule.
Une fois la répa­ra­tion effec­tuée, elle m’expédia au lit.

Deux jours plus tard, un mon­sieur en cos­tard, vient à la mai­son nous pré­sen­ter les bien­faits de l’éclairage Vol­ta.
« Nous ne ven­dons pas des ampoules » dit-il.
« Nous ven­dons le ser­vice de la lumière. Nous vous four­nis­sons des ampoules à vie et nous les chan­geons si elle casse. En contre­par­tie vous nous payer un loyer, de quelques euros. »
« Mais com­ment vous faites pour être ren­table ?», lui deman­da ma mère.
« C’est le prin­cipe de la socié­té d’usage. Les consom­ma­teurs uti­lisent les objets, et ne les achètent plus. En contre par­tie, les construc­teurs s’engagent à se dépla­cer, pour rem­pla­cer les maté­riels défec­tueux. Ils ont tout inté­rêt à créer des maté­riels et des équi­pe­ments incas­sable et inusable. »
« C’est la fin de l’obsolescence pro­gram­mée », dit elle.

Moi je pen­sais que c’était sur­tout la fin des esca­beaux et des jolis mol­let.

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